Lundi 23 janvier 2012, à l’occasion de l’examen par le Sénat de la Proposition de Loi visant à réprimer la contestation de l'existence des génocides, j'ai refusé de prendre part au vote.
« Je tiens à témoigner toute mon amitié à la Turquie et toute l’amitié que je porte aux Turcs de France. J’ai de très bonnes relations avec la communauté turque de Beauvais, et je considère qu’il ne m’appartient pas de leur dicter leur façon de penser et d’appréhender l’histoire de leur pays.
Je souhaite ainsi poser ces questions simples : Quelle est la légitimité du législateur dans le champ de l’Histoire ? Quelle légitimité a un Député ou un Sénateur français pour juger de l’histoire de la Turquie et de l’Arménie ?
La liberté de pensée des Turcs doit être respectée comme tout autre habitant de notre pays. Il n’est pas du rôle du législateur français d’intervenir sur des débats historiques qui se tiennent entre deux autres nations.
Il s’agit là du travail des historiens et des chercheurs, dont la mission est d’examiner objectivement les faits en veillant à rester éloignés des considérations politiques. Rien sur ce point ne peut être arbitré définitivement par une loi.
La Turquie et la France sont des pays amis, j’en suis convaincue, et je ferai tout ce qui est en mon pouvoir de Sénateur pour que cette amitié perdure. Je considère que le Parlement n’a pas vocation à s’ériger en tribunal et n’a pas pour mission d’écrire l’Histoire ».
Caroline CAYEUX
Sénateur - Maire de Beauvais